
Logo de restaurant : sur une application de livraison, votre marque n’a qu’une seule case
Le seul endroit de votre commerce où votre logo est un motif de rejet
Vous avez fait concevoir un logo. Il est sur votre enseigne, sur vos menus, sur vos sacs, sur votre camion. Partout où un client vous rencontre, il vous reconnaît avant de lire votre nom.
Puis vous inscrivez votre restaurant sur une plateforme de livraison, et quelque chose d’inattendu se produit. Vous téléversez vos photos de plats, celles que vous avez fait faire, celles où votre logo est discrètement posé dans un coin. Elles sont refusées.
Ce n’est pas une erreur technique. C’est écrit dans les consignes que les plateformes remettent à leurs commerçants, et presque personne ne les lit avant de s’inscrire. Sur ce canal précis, votre marque n’a pas le droit d’apparaître là où vous avez l’habitude de la mettre. Elle dispose d’un seul emplacement réservé, et cet emplacement est minuscule.
Comprendre cette contrainte change deux choses. La façon dont un logo de restaurant doit être dessiné au départ, et l’endroit où le reste de votre image de marque doit aller travailler.
Trois emplacements, et un seul vous appartient vraiment
Sur une plateforme de commande en ligne, la documentation destinée aux commerçants distingue trois types d’images, et la distinction est le point de départ de tout le reste.
DoorDash les nomme explicitement : le logo de l’établissement, l’image d’en-tête de la boutique, et les photos des articles du menu. Cette séparation existe aussi ailleurs, sous d’autres noms. Elle veut dire qu’il y a une case, une seule, dont la fonction officielle est de porter votre identité visuelle.
Tout le reste de l’écran appartient à la nourriture. L’en-tête sert à montrer ce que vous cuisinez, pas qui vous êtes. Les vignettes du menu servent à identifier un plat précis. Et sur ces deux surfaces, les règles sont explicites.
Le rapport de force s’inverse donc. Sur une devanture ou sur un menu imprimé, la marque encadre le produit. Ici, le produit occupe la surface et la marque tient dans une case de la taille d’un ongle.
Sur la photo d’un plat, votre marque devient un motif de refus
Les consignes photo publiées par Uber Eats à l’intention de ses commerçants sont directes sur ce point. Une image soumise ne doit pas contenir de logo ni de filigrane. Elle doit représenter fidèlement un seul article du menu, cadré au centre, sans personne dans le champ à l’exception éventuelle de mains.
DoorDash formule la même exigence autrement. La plateforme demande des photos qui montrent clairement l’article, correctement éclairé, sans texte ni surimpression d’aucune sorte, et elle propose même aux commerçants de retirer les textes et les incrustations de leurs images pour qu’elles deviennent conformes.
L’effet cumulé est simple à énoncer et difficile à accepter quand on a payé pour une séance photo. La banque d’images que beaucoup de restaurants ont fait produire, avec le logo apposé en bas à droite de chaque cliché pour éviter qu’on les réutilise ailleurs, est inutilisable telle quelle sur ces canaux. Il faut soit une version propre de chaque photo, soit une nouvelle séance.
Le réflexe à prendre est de l’exiger au moment de commander la séance : des fichiers propres, et une série marquée livrée à part pour vos autres usages.
L’exception dit exactement où votre marque a encore le droit d’exister
Le passage le plus utile des consignes d’Uber Eats est celui que personne ne cite, parce qu’il ressemble à une note de bas de page. La plateforme prévoit une exception à son interdiction des logos : ceux qui figurent sur les articles que le commerce vend réellement, ou sur l’emballage et le dressage.
Autrement dit, un logo apposé numériquement sur une photo est refusé, mais un logo qui existe physiquement sur la boîte, sur le manchon du gobelet, sur l’autocollant qui scelle le sac ou sur le papier qui enveloppe le sandwich fait partie du plat et peut être photographié.
C’est la porte que la plupart des restaurateurs ne voient pas. Sur ce canal, votre marque ne peut plus être ajoutée par-dessus l’image. Elle doit être présente dans la scène au moment où l’on appuie sur le déclencheur. Ce n’est plus un travail de retouche, c’est un travail d’emballage.
Et cette contrainte se prolonge bien au-delà de la photo. Le client qui commande sur une application ne voit jamais votre salle, votre enseigne ni votre personnel. La seule rencontre physique entre lui et votre marque, c’est le sac qu’on lui tend à la porte.
Ce qu’une case carrée fait à un logo dessiné pour une façade
La case réservée à votre logo a une propriété que peu de restaurateurs anticipent : elle est carrée, et elle est recadrée automatiquement au centre.
Un logo de restaurant est très souvent conçu en bandeau horizontal. Le symbole à gauche, le nom à droite, parfois une ligne de signature en dessous, parfois l’année de fondation, parfois la ville. Cette composition fonctionne parfaitement sur une enseigne, sur un menu et sur le flanc d’un véhicule, parce que ces supports sont larges.
Placée dans un carré, elle donne un des deux résultats suivants. Soit le bandeau est réduit jusqu’à tenir dans la largeur, et le texte devient illisible parce qu’il ne reste que quelques pixels par lettre. Soit il est recadré, et vous perdez la moitié de votre nom.
Il en découle une exigence concrète, qui vaut aussi pour la fiche d’établissement et pour les réseaux sociaux : un logo de restaurant a besoin d’une version compacte, pensée dès le départ. Un monogramme, une initiale, un symbole seul, ou une composition empilée sur deux lignes. Ce n’est pas une variante décorative, c’est le fichier qui sera vu le plus souvent.
La même logique explique pourquoi il vaut la peine de téléverser un fichier déjà carré plutôt que de laisser la plateforme décider du recadrage. Ce que vous ne cadrez pas vous-même sera cadré par un algorithme qui ne connaît ni votre symbole ni la marge que vous aviez prévue autour.
L’emballage cesse d’être un détail et devient le support principal
Si la marque est refusée sur les photos et confinée à une vignette, il ne reste qu’un support où elle peut s’exprimer pleinement, et c’est celui qui arrive chez le client.
Cela déplace une dépense que beaucoup de restaurants considèrent comme secondaire. Une boîte neutre achetée en gros coûte moins cher qu’une boîte imprimée, et tant que le client venait s’asseoir dans la salle, ce calcul se défendait. Sur une commande livrée, la boîte neutre signifie qu’il n’y a strictement aucune trace de vous dans la transaction, à part une ligne de texte dans un historique de commande.
Un autocollant de scellage imprimé en une couleur est souvent la solution la plus rentable, parce qu’il se pose sur n’importe quel contenant, qu’il règle en même temps la question de l’inviolabilité du sac, et qu’il apparaît légitimement sur les photos que vos clients publient. Vous trouverez les contraintes techniques de ce genre de pièce dans notre guide sur la conception graphique pour emballages et étiquettes, et une vue plus large de la démarche dans celui sur le design de packagings.
Pour que ces pièces soient imprimables, votre logo doit exister en version vectorielle et en version une seule couleur. Un fournisseur d’emballage ne travaille pas à partir d’un fichier récupéré sur votre site. C’est le genre de détail qui bloque une commande pendant une semaine, et c’est aussi la raison pour laquelle nous livrons ces déclinaisons dès la conception du logo plutôt qu’à la demande.
Un logo qui tient dans une case carrée de la taille d’un ongle
Nous concevons les logos de restaurant avec leurs déclinaisons réelles : la version compacte pour les vignettes carrées des plateformes, la version une couleur pour les emballages, et les fichiers vectoriels que votre fournisseur de boîtes vous demandera.
Ce qu’il faut demander quand vous faites concevoir un logo de restaurant
Trois questions suffisent à éviter l’essentiel du problème, et elles se posent avant le début du travail, pas à la livraison.
La première porte sur la version compacte. Le logo aura-t-il une déclinaison carrée qui reste lisible à très petite taille, et cette déclinaison sera-t-elle livrée en même temps que la version principale ?
La deuxième porte sur la version une couleur. Le symbole fonctionne-t-il en aplat noir ou en aplat blanc, sans dégradé et sans ombre, pour l’impression sur carton brun, sur un autocollant ou sur un manchon ?
La troisième porte sur les fichiers. Recevrez-vous les fichiers vectoriels que réclament les fournisseurs d’emballage, ou seulement des images destinées à l’écran ? Sur ce point, notre guide des différences entre les formats JPEG, PNG, AI et EPS explique ce que chaque extension permet réellement de faire.
Un restaurateur qui obtient trois oui n’aura plus jamais à improviser quand une plateforme, un fournisseur ou un imprimeur lui demandera un fichier. Si votre logo actuel ne coche aucune de ces cases, une refonte ciblée de vos déclinaisons coûte nettement moins cher qu’un logo repris de zéro.
Aide-mémoire
- Les plateformes de livraison séparent trois images : le logo de l’établissement, l’en-tête de la boutique et les photos des articles.
- Une seule de ces cases est destinée à votre marque, et elle est carrée.
- Les logos et les filigranes apposés sur les photos de plats sont un motif de rejet chez Uber Eats comme chez DoorDash.
- L’exception vise les logos physiquement présents sur le produit, l’emballage ou le dressage. Faites donc livrer vos photos sans marque incrustée.
- Prévoyez une version compacte du logo dès la conception, et téléversez un fichier déjà carré.
- Sur une commande livrée, l’emballage est la seule rencontre physique entre le client et votre marque.
- Exigez les fichiers vectoriels et une version une couleur, sans quoi aucun fournisseur d’emballage ne pourra imprimer.
Foire aux questions
Pourquoi ma photo de plat a-t-elle été refusée par la plateforme ?
Dans la majorité des cas, parce qu’elle porte un élément ajouté par-dessus l’image. Uber Eats exclut les logos et les filigranes, DoorDash exclut les textes et les surimpressions. Un cadre décoratif, un prix incrusté ou une bannière promotionnelle produisent le même résultat.
Puis-je quand même mettre mon logo sur une photo ?
Oui, à une condition : qu’il soit réellement présent dans la scène photographiée. Un logo imprimé sur la boîte, sur le gobelet ou sur le papier d’emballage fait partie de l’objet et relève de l’exception prévue par la plateforme. Un logo ajouté après coup dans un logiciel de retouche, non.
Faut-il un logo différent pour les applications de livraison ?
Pas un logo différent, une déclinaison : la même marque, dans une composition carrée et simplifiée, lisible à très petite taille. Le même fichier servira à votre fiche d’établissement et à vos photos de profil, donc l’effort n’est fait qu’une fois.
Mon logo est en bandeau horizontal, que se passe-t-il ?
Il sera soit réduit jusqu’à devenir illisible, soit recadré au centre, ce qui coupe une partie du nom. Le résultat dépend de la plateforme et il n’est pas prévisible. La solution consiste à préparer une version empilée ou un symbole seul, puis à téléverser un fichier déjà au format carré pour garder la maîtrise du cadrage.
Est-ce que l’emballage imprimé en vaut vraiment le coût ?
Cela dépend de la part de vos ventes qui part en livraison. Ce qui est certain, c’est que sur une commande livrée le client ne voit ni votre salle ni votre enseigne : si l’emballage est neutre, aucun élément visuel de votre marque n’entre chez lui. L’autocollant de scellage en une couleur est l’option la moins chère qui règle ce problème.
Quels fichiers dois-je demander à mon graphiste ?
Au minimum la version principale, la version compacte carrée, la version une seule couleur, et les fichiers vectoriels de chacune. Ce sont ces derniers que réclameront vos fournisseurs d’emballage et d’enseignes : une image d’écran ne permet ni l’agrandissement ni l’impression technique.
